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Le coeur et le courage d'Abel n'ont pas suffi



Ses premiers mots sur le court ont été des mots de gratitude. Pour le public, pour la ville de Troyes. Battu en deux manches (6-4,6-1) par le Kazakh Timofey Skatov, Abel Hernandez-Aguila, le prof du TCT, était surtout « frustré et déçu », d’avoir été éliminé au premier tour du Challenger organisé par son club d’adoption et de cœur. Mais il y avait un monde entre lui (-15, 32 ans) et un adversaire plus jeune (21 ans) et dont le niveau (226e joueur ATP) était sur le papier, insurmontable. Sur le terrain, la tête de série n°4 du tournoi a pourtant été surprise par le départ canon de l’Espagnol (2-0), tout en émotion et en agressivité. « Et puis, il a très vite réagi, constate Abel, c’est un très bon joueur, il est resté froid et il a retourné la situation. Mais je me suis accroché, je l’ai fait douter, je pense, le set a duré plus d’une heure (6-4). Comme il l’avait annoncé, Hernandez-Aguila s’est arraché sur chaque point, avant, irrémédiablement, de baisser de pied. Que pouvait-il opposer d’autre que sa générosité et sa fierté d’être là ?

« Je n’avais pas le tennis qu’il fallait » « Mais la volonté n’a pas suffi à compenser la différence entre lui et moi », reconnaît Abel. Cherchant un soutien dans son coin, un regard, un signe, il espérait sublimer son mental, créer un déclic. Mais « le manque de rythme », face à un adversaire de cette valeur, qui a fait très peu de fautes et qui a conduit le jeu à sa guise, ne laissait que peu d’espoir. Au fil des jeux, l’Espagnol a fini par lâcher physiquement, usé à force de faire l’essuie glace. « Je n’avais pas le tennis qu’il fallait », dit-il, lucide et beau joueur. Personne n’en doutait. Les clameurs d’un public tout acquis à sa cause, se sont progressivement tues. Il avait compris que la marche était trop haute, même pour un guerrier des courts comme Abel. « J’ai tout donné, mais voilà, c’est le tennis. » Il a ainsi trouvé la force d’inscrire un jeu dans le deuxième set. Pour l’honneur. L’occasion pour les quelque 300 personnes massées autour du central, de lui rendre l’hommage qu’il méritait.


Article de l'est-Eclair


 


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